Le Percolateur

Croisée

 
 

Heuristique & Sémiologique

Croisée  (Complexité, interdisciplinarité, intersection, confluence, interférence, composition, système et processus dialogique. )

Complexité du tissage.

Author : Gilbert — 4 Jul 2008

Au-delà de la métaphore pratique et auto-suffisante, le processus que je désigne par “percolation”, simultanément sujet et objet d’intérêt voire de recherches, engendre un modèle heuristique mécanico-physico-chimique complexe (complexus = ce qui est tissé ensemble) qui représente non directement la « pensée », mais le fonctionnement de l’esprit,. non directement la connaissance mais son approche, non directement l’être mais sa consistance.
Il y a là comme une modélisation des processus mentaux, épistémologiques, ontologiques de construction, de production, d’une activation “componentielle”, Si l’exponentiel expose sa variable le componentiel est susceptible de composer (et avec) ses éléments et d’établir entre eux et avec eux des relations inédites en un tissage surprenant. Nous nous trouvons confrontés, à un travail artisanal tendant à devenir le plus souvent, avec l’évolution des techniques, à un travail de tressage, de maillage, ou comme au cinéma à un travail de montage, de mixage, de synchronisation, Ce sont chaque fois à de minuscules liaisons auxquelles il convient de procéder tel l’artisan, tant en ébénisterie, en marqueterie, en céramique, en verrerie, en orfèvrerie, en joaillerie, en imprimerie (la reliure consiste à assembler les pages d’un livre), en scénographie, en dramaturgie ainsi que dans toutes les formes de textualité (recherche de liens entre les mots, les phrases, les idées) …Quête d’articulations susceptibles de s’effectuer dans la rencontre du divers et du discontinu. Il peut s’agir de jointure, de suture, de couture, de soudure, de bouture, de greffe, d’un travail d’attache, de charnière, de ligature, de collage, de patchwork, d’assemblage. C’est une activité arthrologique de texture, de texte, de tissu, de tissage, qui peut concerner aussi bien les alliances que les alliages. Composition, mélange, la complexité comme une sorte d’alchlmle qui se fonde sur l’intersection parfois provocatrice.
Nous avons montré, dans ces pages, à propos de l’esperluette (&) considérée comme l’hiéroglyphe opératoire de la relation et la composition, ce qui la distinguait du “et” de l’addition et de la simple juxtaposition.

L’esprit scientifique

Author : Gilbert — 14 Apr 2008

Le lycéen qui prétend que les mathématiques sont l’art de raisonner juste sur des figures fausses aborde un peu la question comme Gaston Bachelard l’aborde par l’étude de l’intersection des approches de l’image descriptive et du concept explicatif,
Rendre géométrique la représentation, c’est-à-dire dessiner les phénomènes et ordonner en série les événements décisifs d’une expérience, voilà la tâche première où s’affirme l’esprit scientifique. C’est en effet de cette manière qu’on arrive à la quantité figurée, à mi-chemin entre le concret et l’abstrait, dans une zone intermédiaire où l’esprit prétend concilier les mathématiques et l’expérience, les lois et les faits. Cette tâche de géométrisation qui sembla souvent réalisée- soit après le succès du cartésianisme, soit après le succès de la mécanique newtonienne, soit encore avec l’optique de Fresnel – en vient toujours à révéler une insuffisance.
Tôt ou tard, dans la plupart des domaines, on est forcé de constater que cette première représentation géométrique, fondée sur un réalisme naïf des propriétés spatiales, implique des convenances plus cachées, des lois topologiques moins nettement solidaires des relations métriques immédiatement apparentes, bref des liens essentiels plus profonds que les liens de la représentation géométrique familière. On sent peu à peu le besoin de travailler pour ainsi dire sous l’espace, au niveau des relations essentielles qui soutiennent et l’espace et les phénomènes. La pensée scientifique est alors entraînée vers des «constructions» plus métaphoriques que réelles, vers des «espaces de configuration» dont l’espace sensible n’est, après tout, qu’un pauvre exemple. Le rôle des mathématiques dans la Physique contemporaine dépasse donc singulièrement la simple description géométrique. Le mathématisme est non plus descriptif mais formateur. La science de la réalité ne se contente plus du comment phénoménologique elle cherche le pourquoi mathématique.
Bachelard démontre au long de son livre (La formation de l’esprit scientifique.Vrin,1938) le destin grandiose de la pensée scientifique abstraite qui doit parfois s’opposer à l’obstacle géométrique de l’expérience concrète et réelle, naturelle et immédiate. La connaissance générale, la philosophie (?) a ralenti les progrès de la connaissance scientifique. “Tout philosophe a sa science à lui” et “tout savant a sa philosophie”. Il convient de se méfier de la jouissance intellectuelle dangereuse dans une généralisation hâtive et facile, et des constructions métaphoriques.
On peut rappeler à ce propos la querelle d’Alan Sokal ( Impostures intellectuelles 1997) faite aux Sciences Humaines et à la Philosophie “Notre but n’est pas de critiquer le simple usage métaphorique de mots évocateurs , mais plutôt l’invocation de termes et de concepts scientifiques fort techniques, en dehors de leur contexte, sans qu’aucune justification empirique ou conceptuelle ne soit donnée à cette démarche”.
Bachelard était épistémologiste, toute son oeuvre est empreinte de rigueur scientifique, de vigilance sémiologique….et de Poésie.

Stiegler et l’économie de l’hypermatériel

Author : Gilbert — 6 Feb 2008

Quatrième de couverture du dernier livre de Bernard Stiegler : ” Économie de l’hypermatériel et psychopouvoir” édité par les Éditions “Mille et une nuits”; Février 2008. Ce livre se fonde sur des entretiens avec les philosophes Philppe Petit et Vincent Bontemps.

Aujourd’hui nous vivons un nouveau stade de la longue histoire de l’évolution technique de l’humanité: le stade du capitalisme hyperindustriel.Depuis le xxe siècle, l’homme n’a cessé de vivre les bouleversements des conditions de la temporalité, c’est-à-dire aussi bien de son individuation. Ce nouveau stade induit déjà une profonde transformation de nos existences.
Loin de disparaître, l’industrialisation se poursuit et se renforce, elle investit de nouveaux champs, invisibles, qui vont des nanostructures jusqu’aux fondements neurologiques de l’insconscient, en passant par les biotechnologies: les champs de l’ hypermatériel, où la matière est toujours déjà une forme (comme au niveau quantique), où la forme est toujours déjà une information (c’est-à-dire un état transitoire de matière produit par un matériel) et où l’« immatériel” apparaît pour ce qu’il est : une fable qui enfume les esprits.
Bernard Stiegler formule à nouveaux frais les enjeux des technologies culturelles et cognitives, mais aussi des biotechnologies et des nanotechnologies. Elles ne vont pas sans péril pour l’humanité, pour le « devenir non inhumain}) de l’espèce humaine, comme il l’ écrit.
Demain, l’homme sera-t-il désemparé de lui-même, de sa conscience et de sa libido, ou saura-t-il exister avec les technologies de l’hypermatériel ?
S’il se laisse subsumer, s’il laisse son désit être capté par les puissantes machines et réseaux qui cherchent déjà à instaurer un psychopouvoir, l’une des conséquences pourrait bien être l’autodestruction du capitalisme, déjà bien engagé sur cette pente.
Bernard Stiegler n’est pas un technophobe. Il n’en est que plus autorisé à nous alerter.

La nostalgie est toujours ce qu’elle a été.

Author : Gilbert — 26 Dec 2007

Les suffixes -algie /-algique viennent du grec “algos”, douleur, ils forment une série qui énumère toutes sortes de douleurs, l’élément initial en indique le siège ; lombalgie (+lombes), cardialgie (+cardia)……
Le mot NOSTALGIE occupe une place à part, il se distingue par la règle de sa composition lexicale. Créé au XVIIème siècle (terme médical) il désigne “le mal du pays”, littéralement la douleur causée par l’envie de retourner chez soi (+nostos, retour), état de tristesse causé par l’éloignement du pays natal, du lieu habituel d’existence. L’élément initial n’est plus le siège de la douleur mais sa cause. La nostalgie en se généralisant implique la mémoire, le souvenir, d’un événement, d’un état heureux et la nostalgie désigne aussi le regret mélancolique, obsédant d’une chose, d’une existence que l’on a eue ou connue; désir d’un retour dans le passé, spleen, cafard. C’est la distance temporelle, son irréversibilité ainsi que la mémoire déformante, qui provoquent la nostalgie, douleur physique et morale, et parfois la nostomanie, ce besoin impulsif de retourner dans les lieux de son enfance, de sa jeunesse. Victime de l’inexorable, de l’inéluctable et du temps qui fuit, la Vie dans le rétroviseur est un mirage nostalgique, une construction mythique, une rétrospective de l’inachèvement, entre “neige d’antan” et “bon vieux temps”, tout juste bonne pour l’esquisse utopique, (le retour à la terre par exemple).
Récemment on pouvait lire dans la Presse, à propos de la campagne électorale américaine : «Le plus grand danger pour Hillary, confie son conseiller électoral, est de créer un sentiment de retour vers le futur», allusion à l’ombre portée du soutien de son mari, la nostalgie comme stratégie électorale. Plus grave, il faut évoquer le drame du Retour que vivent Juifs et Palestiniens et auquel assiste, impuissant, le Monde désemparé par la nostalgie mythique, la mémoire dévoyée et la guerre des archaïsmes. Nostalgie meurtrière. Nostalgie comme fondatrice de Propriété, d’Identité, de Droit. La Mort pour un Passé supposé ou composé.
Il n’y a pas que cette Nostalgie encombrée de regrets, de remords, de paradis perdus, il y a aussi une nostalgie positive, impulsive riche de bons souvenirs, de bonheurs vécus, dans laquelle on peut se complaire et distinguer le souvenir souriant et moteur, du noir mélancolique et inhibiteur. Pensons à ces anciens poilus qui, survivants d’une effroyable boucherie, sans renier l’enfer, savent retrouver ces instants, ces gestes d’Humanité, qu’ils ont aussi vécus. Actuellement en Allemagne, malgré les années de dictature communiste, bon nombre d’Ossies (ex-citoyens de la RDA) cultivent un sentiment d’«ostalgie» (nostalgie de l’Est, mot-valise composé de OST, Est en allemand, et nostalgie). Circuit touristique en “Trabant” à la clef ! ! Et que se passe-t-il actuellement en Russie ex-URSS ?
Il y a quelques mois, dans ces colonnes Michel Guet nous disait : «Avez-vous remarqué comme la déploration est en passe de devenir la principale activité politique ? Autrefois, (mais il ne faut jamais plus dire « autrefois » sous peine d’être immédiatement taxé de nostalgique), il y avait le militantisme, les grèves, le boycott, la manif, le sabotage, les affiches et même la nostalgie». Ainsi la nostalgie peut devenir aussi son propre objet,
Si Valéry savait «maintenant que nos civilisations sont mortelles», il avait découvert aussi (après avoir vécu 2 Guerres). que «le futur n’améliore pas toujours le présent, pas étonnant que la nostalgie soit devenue le mal du siècle».

Le point “Vélique”

Author : Gilbert — 29 Oct 2007

Je lis Alain Rémond depuis très longtemps, depuis l’époque de sa collaboration à Télérama. Maintenant chaque semaine, dans Marianne, je me délecte de la lecture de sa chronique, pour son style, son humour et pour son art de découvrir le détail qui illustre le tout, la facette-miroir du polyèdre gyroscopique de notre société. Dans le dernier numéro de Marianne “la voile (lui) donne des vapeurs”, il nous présente et commente la définition officielle et administrative du “VOILIER” élaborée par le Ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, Jean-Louis Borloo. Alain Rémond nous avertit “c’est du sérieux, du costaud”. Vous êtes prêts ? On y va.
«Sont considérés comme voiliers les navires dont la propulsion principale est vélique, à condition que As 0,07 (m LDC) 2/3, m LDC étant la masse du navire en condition de charge, exprimée en kilogrammes et As, exprimée en mètres carrés, étant la surface de voilure projetée, calculée comme la somme des surfaces projetées en profil de toutes les voiles qui peuvent être établies lorsque le navire navigue au près, sur des bômes, cornes, bouts~dehors, queues-de-malet ou autres espars, et de la surface du ou des triangles avant, jusqu’à l’étal le plus avancé,fixé de manière permanente pendant le fonctionnement du bateau au mât portant les voiles établies, sans recouvrement, en supposant que les drailles et les chutes sont des lignes droites. La surface du triangle avant de chaque mât doit être celle donnée par IJ12, où I et j sont les mesurages entre la face avant du mât, l’extrémité arrière de l’étal et la ligne de livet au droit du mât. La surface des espars n’est pas incluse dans le calcul de la surface de voilure projetée, à l’exception des mâts-ailes.”
Aïe! dans le jargon administrativo-technocratique, un voilier c’est bien autre chose qu’un bateau à voiles ! ! Alain Rémond, a toujours soin de son lecteur : “je vous autorise à sortir prendre l’air pendant quelques minutes” OUF ! MERCI !… Cela dit lors de la saisie du texte mon correcteur a peu rougi, la plupart de ces mots marins ( ! ) figurent dans les bons dictionnaires. Il en est un qui me plaît beaucoup : VÉLIQUE = des voiles ( 1727) confirme Le Robert précisant que “le point vélique” est le centre de la voilure, là où s’applique la résultante des forces du vent ( un peu comme le centre gravité ou le barycentre). Son usage métaphorique intéresse beaucoup le PERCOLATEUR, se référant à cette citation de Victor Hugo ; ” le point vélique d’un navire c’est le lieu de convergence, endroit d’intersection mystérieux pour le constructeur lui-même où se fait la somme des forces éparses dans toutes les voiles déployées. Paris est le point vélique de la civilisation..”. Vélique caractérise un endroit mais aussi un mouvement de composition de forces, on peut penser que le ministre de l’Ecologie appréciera l’usage métaphorique et hugolien de ce mot du lexique marin !

La représentation aura lieu sur l’obscène du Théâtre Français.

Author : Gilbert — 9 Sep 2007

Les dictionnaires consultables actuellement (Littré,TLF, Grand Robert, Larousse,) s’accordent pour dater du 16e siécle l’usage du mot “obscène” comme qualifiant ce qui offense, blesse ouvertement la pudeur, dans le domaine de la sexualité. Synonymes familiers : cochon, dégoûtant, dégueulasse (vulgaire), graveleux, sale. Qui offense le bon goût, qui est choquant par son caractère inconvenant, son manque de pudeur, sa trivialité, sa crudité, son immoralité. Bref, licencieux et ordurier.
On peut même consulter Montaigne dans les “Essais” : “ils se torchoient le cul (il fault laisser aux femmes cette vaine superstition des paroles) avecques une esponge; voilà pourqoi spongia est un mot obscoene en latin)”. Ob-scenus : ce qui reste d’un homme quand il ne se met plus en scène (ob: à la place, en ” échange de”). quand s’exhibe ce que l’on doit cacher ou éviter. Tel est le premier sens du mot, et aussi (conséquemment à une proximité phonique et graphique), sinistre ou de mauvais augure. Le pluriel neutre, obscena, désignait les excréments dont on sait qu’ils sont de bon augure quand on les écrase du pied ! Régis Debray dans son dernier livre : “L’obscénité démocratique” joue, peut- être un peu abusivement, avec la proximité de “scène” : “Appelons donc obscène, sans esprit polémique et au sens étymologique, une société qui, parce qu’elle ne supporte plus la coupure scénique, confond le surmoi et le moi, le nous et le je, l’ambition collective et l’ambitieux tout court. Qui fait passer la personne de l’écrivain avant son écriture, l’homme d’action avant son action et le musicien devant la musique…Obscène, en terme technique, qui passe, plus précisément, du plan large au gros plan qui vient fouiller le visage, la larme au coin de l’ oeil, le baiser sur la bouche et le petit dernier – au cours d’un cérémonial officiel…” L’obscène substitue au conformisme des rôles, la coquetterie de l’étonnant, de la surprise. Vous avez remarqué combien le sport est propice à cette dérobade et à ce dévoilement, qui ouvrent les vestiaires comme la “pipolitique” les antichambres !
En somme au théâtre, l’obscène ce sont les cintres, les coulisses, les loges, les baignoires de la monstration, la fosse, le poulailler et son caquetage, le fou rire nerveux des costumières, des maquilleuses et des coiffeuses ainsi que le trac qui paralyse le comédien qui s’apprête à quitter l’obscène pour la scène. Au restaurant l’obscène c’est la cuisine et le doigt goûteur dans la sauce. Quand le Roi lutine la bergère ce n’est pas tant la lutinerie qui est obscène et inconvenante, que la Royauté qui déroge en Privauté. L’obscène est en toute chose l’exhibitionnisme, le manque de retenue, de discrétion. La représentation, du public au privé, se trompe de territoire, au détriment des rites et des symboles.
Ce n’est pas Simone de Beauvoir photographiée nue à sa toilette qui est obscène mais bien le Nouvel Observateur, le Nouvel Obscène qui oublie “son rôle” sur la scène médiatique, ridiculise une mémoire et insulte ses lecteurs en essayant de les entraîner derrière le paravent ou de l’autre côté du miroir. Tout se passe comme s’il n’y avait rien à voir au théâtre de la politique, sur le stade des exploits, au pied des pyramides, mais que hors de la scène tout est prévu pour ceux qui ont accès aux trous de serrure, aux caméras cachées, aux micros indiscrets, aux glaces sans tain, et qui se délectent de l’ostentation plus que de l’ostention du privé, de l’intime. et du spectacle derrière l’obstacle.
Là-bas, près de l’arbre en boule, le buisson ! zoome,, cherche alentour, fouille… là,.. ça y est… tu les as ! serre, serre, resserre,. .. c’est dans la boîte ! “

Brisure et continuité

Author : Gilbert — 12 Jul 2007

Brisure et continuité

Nous ne bouderons pas notre plaisir à lire “L’élégance du hérisson” (Gallimard) en dépit de sa position première au “Hit Parade” et malgré son “Prix des Libraires” Son auteure, Muriel Barbery est une authentique amoureuse de la Langue, elle nous invite à partager sa délectation et sa jubilation. Le personnage central du roman est une concierge ( femme de paroles et observatrice ! ! ) :

La Concierge évoque le souvenir d’un film japonais ” ..j’avais été fascinée par l’espace de vie japonais et par ces portes coulissantes refusant de pourfendre l’espace et glissant en douceur sur des rails invisibles. Car, lorsque nous ouvrons une porte, nous transformons les lieux de bien mesquine façon. Nous heurtons leur pleine extension et y introduisons une brèche malavisée à force de mauvaises proportions. Si on y réfléchit bien, il n’y a rien de plus laid qu’une porte ouverte. Dans la pièce où elle se trouve, elle introduit comme une rupture, un parasitage provincial qui brise l’unité de l’ espace. Dans la pièce contiguë, elle engendre une dépression, une fissure béante et néanmoins stupide, perdue sur un bout de mur qui eût préféré être entier. Dans les deux cas, elle perturbe l’étendue sans autre contrepartie que la licence de circuler, laquelle peut pourtant être assurée par bien d’autres procédés. La porte coulissante, elle, évite les écueils et magnifie l’espace. Sans en modifier l’équilibre, elle en permet la métamorphose. Lorsqu’elle s’ouvre, deux lieux communiquent sans s’offenser. Lorsqu’elle se ferme, elle redonne à chacun son intégrité. Le partage et la réunion se font sans intrusion. La vie y est une calme promenade, lors qu’elle s’apparente chez nous à une longue suite d’effractions…..”

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